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Médiathèque Municipale

Espace Prosper Mérimée

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Horaires

Mar Fermé 13h30-18h00
Mer 10h00-12h00 13h30-18h00
Jeu  10h00-12h00 13h30-18h00
Ven  Fermé

13h30-18h00

Sam  09h00-12h30 13h30-17h00
Dim Fermé
Lun Fermé


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Mar 09h00-12h00 13h00-16h00
Mer 09h00-12h00 13h00-16h00
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Ven 09h00-12h00

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Sam  10h00-16h00
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Lun Fermé

ELSA, MON AMOUR DE SIMONETTA GREGGIO

Un moyen de découvrir Elsa Morante est la lecture de cette biographie romancée écrite par Simonetta Greggio, une autre auteure italienne contemporaine qui a la particularité d’écrire en français avec beaucoup de grâce. Elle a l’art de nous plonger dans la vie intense et complexe de l’écrivaine qui reprend vie à chaque page avec ses humeurs d’équinoxe et sa passion des mots. Avec charme, poésie et émotion on découvre l’enfant qui grandit dans les quartiers pauvres à Rome, entre un père biologique et un père adoptif - mystère familial troublant qui l'accompagnera tout au long de sa vie. On perçoit l’enfant et la jeune femme talentueuse et nourrie d’un feu sacré car elle acquiert dès l’enfance le goût de la lecture et de l'écriture, d'abord avec de petits poèmes. Elle quitte sa famille très jeune pour être indépendante : à vingt ans, elle vit déjà de son écriture, même précairement, puisque son talent littéraire précoce lui permet notamment de gagner de l'argent en publiant des nouvelles dans la presse et dans des revues. Elle, qui a dû quitter la faculté de lettres par manque de moyens, estime qu’écrire est aussi fort que vivre et elle le prouve. « J’écris depuis que j’existe. Avant de savoir écrire, j’écrivais déjà. J’étais écrivain dans le ventre de ma mère. Avant de naître, j’étais écrivain. » Se révèle aussi son admiration pour Katherine Mansfield qu’elle traduit et dans laquelle elle se retrouve.

 

On apprend également sa rencontre avec Alberto Moravia, autre monstre de la littérature italienne, dont elle devient l’épouse et avec lequel elle vivra une relation inquiète, passionnée et d’un grand respect littéraire. D’ailleurs il la décrira plus tard comme une immense romancière, en faisant le portrait contrasté entre "sa propre pesanteur" et sa "légèreté gracieuse et rationnelle".

 

On partage avec elle ses rencontres ou relations avec Malaparte, Virginia Agnelli, Pasolini, Pavese, Calvino ou Visconti et Bill Morrow.

 

Son entourage la décrit comme une femme toujours portée vers l'enfance, comme si elle rajeunissait au fil du temps. On retrouve cet aspect dans son écriture, puisque son style mêle naturalisme et onirisme - réminiscence du monde de l'enfance, de ses terreurs et de ses rêves, dans lequel elle a fait ses premiers pas en littérature. Dans l’écriture, elle fait s’agiter les ombres « plus vivants que les vivants eux-mêmes » et interroge « le monde des cendres et des muets. », mais fait de la douleur « une ligne de lumière ».

 

Extrait :

« Il pleut.

J’entends le murmure de la pluie d’autrefois sur les vitres de mon bureau, sang de Rome battant dans mes veines. Oreilles couchées, les chats s’enroulent en toques de fourrure serrée. Au plus fort de l’orage, les gouttes tapaient sur les tuiles comme une peau de tambour. Je sortais sur la terrasse, visage tourné vers le ciel. Les feuilles des mandariniers ruisselaient, chaque fleur ouverte recelait une perle d’eau parfumée que je buvais. Rafraîchie, je revenais dans la chambre de la torture la plus délicieuse qui soit. Echevelée, délirante, éclaboussée d’épluchures de gomme et d’écailles de crayon, courbée sur mes cahiers, pieds nus sur mon tabouret béni, je tapais comme une brute sur mon Underwood. Sans songer à me laver, à manger, ni à quoi que ce soit d’autre qu’à suivre la route, envoûtée.

 Mon histoire ou celle de quelqu’un d’autre, c’est la même chose. Renoncer au je, c’est renoncer à souffrir. Ma sainte, Simone Weil. L’ego nous cache la vérité. Soi, c’est la complaisance.

 Quand j’écris, qui écrit ? Certes, il y a le travail de mise en place, de structure, de correction. Ça, c’est le métier. Mais lorsque je deviens un instrument, un outil de retranscription, quand je suis immergée dans une sorte de dictée hypnotique, d’où vient ma parole ? Créer n’est peut-être rien d’autre que se souvenir. Seul s’effacer permet d’écouter la voix. Peut-être, je dis bien peut-être, il n’y a qu’à Proust que je pardonne quelques minauderies. Pour ma part, jamais je n’ai publié un livre qui n’ait eu pour but d’interroger mes lecteurs au plus profond de leur humanité. Mais je m’exprime mal : ce que je voulais, vraiment, c’était changer le monde. »

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