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ARACOELI D'ELSA MORANTE

 Nous sommes en 1975. Le narrateur a 43 ans. Issu d’un milieu bourgeois, Vittorio Emmanuele Maria est un homme qui se définit lui-même, « sauvage, misanthrope et sans aucune curiosité du monde », à l’existence ordinaire voire médiocre avec peu d’estime de lui-même. Un homme seul, qui pense n’avoir rien à offrir à personne et qui a le sentiment de ne pas trouver grâce dans les cœurs. Une vie vécue chichement et un travail dans une petite maison d’édition, affecté à la traduction de textes. Plutôt noble a priori si ce n’est « qu’à la lecture de ces menus traités, dès les premières lignes, j’avais la sensation de déglutir de la colle. ». Un inadapté au travail donc.

Cet homme qui le sentiment d’être un intrus, qui cherche sa place dans le monde, est envahi par une nostalgie des sens. Du jour au lendemain, comme un appel et une folie dans une vie morne, il décide avec enthousiasme et sens du risque, de partir à la recherche de sa mère, morte depuis des années ; d’entreprendre un voyage en Andalousie pour reconstruire une part de son histoire et découvrir ses racines. Une quête et une hasardeuse thérapie pour s’incarner et se guérir du trop d’amour porté à Aracoeli et des images fantasmées qu’il nourrit d’elle.

«  Parfois –surtout en de certaines solitudes extrêmes- une pulsion désespérée se met à battre chez les vivants, qui les incite à chercher leurs morts non seulement dans le temps, mais dans l’espace aussi. Il y a ceux qui les poursuivent en arrière, dans le passé, et ceux qui, ne sachant plus où aller sans eux, parcourent leurs lieux, sur une quelconque de leurs pistes possibles. Semblable appel peut survenir d’une façon inattendue, et s’accompagner de la même fièvre qui saisirait un indigent haillonneux se souvenant – après une longue amnésie- qu’il possède un diamant caché. Cependant que lui-même en ignore la cachette, que tout signe en est effacé. Et il ne lui sert à rien d’invoquer un indice valable pour le récupérer ; et il ne lui est plus jamais donné de posséder d’autre bien ».

Cette fuite vers la patrie maternelle et ce rendez-vous d’amour quasi-indécent se veut au bout du compte comme un voyage intérieur, qui va être l’occasion de convoquer des traces et des souvenirs, pour certains apocryphes. Ces derniers se révèlent d’ailleurs à lui-même souvent plus vrais que les vrais. Et la légende-mère y est à la fois le chemin et la direction.

Le récit oscille donc entre le passé et le présent du voyage, entre les moments vécus, les autres fantasmés ou reconstruits au fil du temps. Le temps de l’écriture suit le temps singulier de notre homme, s’étire ou se comprime, s’allonge ou se contracte selon ses caprices et ses réminiscences. Car, avec un réalisme fort, propre à Elsa Morante, on découvre toute la construction identitaire de Vittorio, sa relation au monde et à sa famille. On se frotte à cette mère quasi analphabète hors classe, pleine de superstitions espagnoles, propulsé dans un milieu qui n’est pas sien, à ce père italien vénéré, commandant de Marine affectueux mais inaccessible et souvent absent, à cet oncle espagnol inconnu, Manuele totalement idéalisé… On partage, à la lecture, les discordances d’une vie et de cet homme assiégé par ses souvenirs et ses démons, refusant de grandir. Le tout s’inscrit dans la grande Histoire, car sont esquissées la guerre civile italienne, la guerre d’Espagne puis celle de 39-45.

« La mémoire, en certains états morbides, est un corps malmené et livide, qui peut ressentir un simple contact comme un horion. Depuis que, garçonnet, j’ai traversé des zones dévastées par la guerre, toute vue de démolition ou de destruction fortuite provoque en moi un heurt brutal, tel qu’un coup de poing dans les côtes ».

Un texte dense et exigeant dans lequel vivre signifie l’expérience de la séparation. La précision d’écriture et le réalisme porté par Elsa Morante en font un texte qui passe fabuleusement au microscope l’analyse d’une vie et explore les différentes facettes d’un homme, « pris du sentiment de n’être pas seulement un, mais que beaucoup de [lui-même], porteurs de tous [ses] différents âges, convergent de leurs différents chemins dans [son] unique direction. »

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