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Médiathèque Municipale

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AVOIR UN CORPS DE BRIGITTE GIRAUD

 

Un roman par petites touches qui part à l’exploration du corps. Construit de façon chronologique, le roman nous amène à toucher à la construction même du corps d’une fillette  qui devient jeune fille puis femme.

 

« Au commencement, je ne sais pas que j’ai un corps. Que mon corps et moi on ne se quittera jamais. Je ne sais pas que je suis une fille et je ne vois pas le rapport entre les deux. »

 

Chaque étape identitaire nous renvoie à nos propres constructions individuelles et nous retraversons l’existence comme celle qui nous est décrite. Une plongée dans le quotidien qui interroge notre relation au corps, le notre mais aussi celui des autres (les parents, les relations sentimentales, nos enfants…) et traverse les codes sociétaux de différenciation des genres (je suis une fille, tu es un garçon, jusqu’où nous rencontrons-nous, jusqu’où sommes nous différents l’un de l’autre). Ressurgissent des questions d’éducation, de pudeur, de libération.

 

Qu’est-ce que mon corps dans le travail, dans l’amour, dans la sensualité, dans la maternité, dans le deuil. Quelles transformations et métamorphoses construisent l’être que nous sommes ? Qu’est-ce qui détermine la fin de l’enfance, de notre adolescence. Qu’est-ce qui fait qu’un jour nous sommes des femmes (ou des hommes…) ?

 

La fin de l’enfance :

 

« Je suis entre les mains du médecin et de son assistante et il me faut franchir toutes les étapes, lentement, minute après minute, respirer comme un animal à l’agonie, respirer en plantant ses yeux dans ceux de la dame, s’accrocher à ses yeux comme à la seule planche de salut possible, le seul lien avec l’humanité ; Je suis en train de payer, j’en ai la certitude, de me racheter, d’expier, je dois être ravalée à la condition d’animal, loin du garçon, loin de ma mère, loin de mon père et de mon frère qui ignorent tout de la réalité de ma matinée en ville. Je paie pour toutes les filles qui n’ont pas eu l’intelligence de ne pas se faire prendre, c’est-à-dire toutes les filles qui ont péché par excès de romantisme et d’insouciance. Je paie pour n’avoir pas compris que le corps existe, oppose sa logique technique, mécanique, implacable à la croyance magique et adolescente. C’est cet acte médical, cette aspiration de tout mon être, cette interruption médicale de grossesse, qui interrompt aussi brutalement mon enfance. »

 

Du corps féminin au corps masculin : 

 

« Je me demande à quoi tient le désir, pourquoi le corps tressaille, pourquoi le ventre se creuse quand l’autre apparaît. A quoi tient cette fascination, cette façon de changer chaque détail du corps de l’autre, chacune de ses paroles, chacune de ses attitudes en une exception ? Pourquoi tout en l’autre est évènement, étonnement ? La voix surtout, le grain unique, la façon de composer les phrases, les intonations, les silences, les sous-entendus. Pourquoi, une fois que l’amour aura passé, s’il passe, les mêmes gestes, la même démarche deviendront invisibles voire insupportables ? »

 

« Je désire le corps du garçon, que je ne parviens toujours pas à appeler un homme, bien qu’il soit père. Père mais sans ventre, sans chair superflue, sans bouffissure, sans renoncement. Je ne sais ce qui m’émeut dans la maigreur, peut-être le courage d’affronter le monde sans protection, le risque de se blesser, de s’écorcher. Le corps du garçon est tranchant, ses tibias sont comme des arêtes, ses veines saillent sous la peau. Je ne me fatigue pas, je passe mon lasso autour de son cou, je suis son horizon. Sa silhouette apparaît chaque soir dans un blouson déboutonné, puis dans un peignoir ouvert sur la ceinture abdominale. Puis de dos. Je rêve de poser mes mains juste derrière les omoplates, qui bougent comme deux plaques tectoniques, puis contre les reins où les poils courent déjà, alors que le torse reste étonnamment glabre. C’est ce monde à l’envers qui m’aimante, construit mon idée du masculin, que je n’imagine que selon ces canons. C’est ce corps que je chercherais s’il venait à disparaître. »

 

On pourrait n’y voir qu’un étalage d’expériences personnelles, et se dire qu’il n’existe aucune saveur dans ce livre là. Ce serait se tromper entièrement car toute sa force réside dans cette trajectoire que nous tous nous devons expérimenter. A la lecture, on se surprend à poser un regard bienveillant et attentif. Nombreux sont les allers-retours entre la fiction proposée et notre vécu. C’est un roman sensible, réaliste dans lequel le corps est en perpétuel mouvement, avec lequel on apprend et on murît.

 

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