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LE COURANT FRANCAIS

- Jean Giono... ou le nature writing avant l'heure !

Jean Giono, écrivain et scénariste,  est né à Manosque le 30 mars 1895, au cœur de cette Provence dans laquelle s'ancrera son œuvre et dans laquelle la nature possède, une place centrale.  Il est d'origine italienne par son père et d'origine provençale par sa mère. Fils unique issu d’une famille modeste (son père est cordonnier et sa mère repasseuse), il quitte l’école à 16 ans pour subvenir aux besoins de sa famille et  travaille dans une banque tout en s'instruisant par lui-même.


Dès l'enfance, il aime inventer des histoires et s'exerce très tôt à l'écriture. Mais il attendra d'avoir trente-cinq ans pour voir paraître Colline (1929), son second roman, le premier ayant été refusé (le très joyeux Naissance de l'Odyssée paraîtra cependant en 1930).
Inspirée par son imagination et ses visions de la Grèce antique, son œuvre romanesque dépeint la condition de l'Homme dans le monde, face aux questions morales et métaphysiques et possède une portée universelle et poétique.

 

Jean Giono est abondamment commenté dans une perspective écocritique et figure dans les anthologies de textes écologiques, aux côtés par exemple d’Henri Bosco… Avec Marcel Pagnol, dont il est le contemporain et l’ami, Jean Giono ne peut se réduire à l’idée du roman régionaliste même s’ils représentent le même espace régional qu’est la Provence. Tous les deux, à leur façon, ont développé ce que l’on peut appeler une écriture de la nature.

 

Les lectures à redécouvrir :

  

Colline (1928) : Un roman – conte dans lequel Giono développe une singulière métaphysique de la nature : le magique, le secret, le terrifiant opèrent. Tout comme l’évocation poétique de la Provence.  La sécheresse qui s’abat sur le village, c’est une malédiction lancée par le vieux Janet, sorcier-sourcier, le seul à connaître les mots secrets qui ont pouvoir sur l’eau, la terre, l’air et le feu.

Le roman met en scène la douzaine de personnes qui habitent le petit hameau provençal des Bastides Blanches aux prises avec un autre personnage, qui sera récurrent dans le reste de l'œuvre de Giono: la nature elle-même. Et plus précisément ici, la colline, sur laquelle se dressent les Bastides Blanches, soupçonnée au fil du récit d'être donc commandée par le vieux Janet mourant et donc responsable de l'enchaînement des malheurs qui s'abattent sur les villageois.

 

-    Regain  (1930) : Un conte magnifique aux mots durs comme la rocaille des chemins abandonnés et au style aussi tendre que le blé au soleil, qui chante le regain, (l’herbe qui repousse après la moisson), autant dire le renouveau.

L’histoire d’Aubignane, un village qui se meurt, accroché au Mont de Lur, voisin du Mont Ventoux. Seuls trois fidèles occupent encore ce village devenu un nid de spectres. L'hiver finit par chasser le vieux forgeron, et la veuve du puisatier disparaît au printemps, avec la promesse qu'elle avait faite à Panturle de lui trouver une femme. Au village, désormais, ne reste plus que ce chasseur qui devient peu à peu fou de solitude. Une femme surgit, par des chemins presque surnaturels. Et pour elle, Panturle rouvre la terre jadis féconde et l'ensemence de blé. C'est l'annonce au village de nouveaux enfants.

Un conte éclatant,  mystique, solaire et animal dans lequel l'homme regagne du terrain sur la nature en friche et domine sa barbarie aux côtés d'une femme…et dans lequel Giono explore les liens profonds qui lient les paysans à la nature.

 

-    Le chant du monde (1934): Un récit d'aventure mythique où la langue de Giono chante une nature vivante et sensuelle cette fois non pas dans les collines arides mais dans le pays des montagnes noires.

Quête, enlèvement, bataille et vengeance : un récit d'aventure aux accents légendaires, un western provençal le long de la Durance dans lequel Antonio, dit "Bouche d'or" , un homme du fleuve, et  Matelot, un vieux bûcheron, partent à la recherche du fils disparu suivant un itinéraire périlleux en direction du Haut Pays, le territoire du terrible Maudru, chef des bouviers qui règne en maître sur les hommes et les bêtes...

 

-   Les Vraies Richesses (1936): un titre explicite pour une manière de récit et d'essai dénonçant la vanité de la vie citadine, de l'argent, célébrant la gloire du soleil, de la terre, des collines, des ruisseaux, des fleuves " qui m'irriguent plus violemment que mes artères et mes veines ". L'ouvrage débute par une promenade parisienne à Belleville, prétexte pour l'auteur à une réflexion sur les "racines". Giono, visionnaire et virtuose du sacré, rejoint vite, d'un bel élan amoureux, ses chemins de traverse provençaux, ses paysans mythologiques, la loi du pain, le vent des rêves.

 

-    L’Homme qui plantait des arbres (1953), l’œuvre la plus universelle de l’écrivain et un grand classique de la littérature, véritable hymne à la nature :

En Provence, dans une région aride et sauvage, un berger solitaire plante des arbres jour après jour. C’est l'histoire d'Elzéard Bouffier, le silencieux, l'obstiné, qui réconcilie l'homme et la nature.

Patiemment, tout au long de sa vie, il décide de redonner sa superbe à cette lande déserte de Provence en plantant une forêt de chênes, de bouleaux, de hêtres et d'érables. Grâce à l'œuvre d'un seul homme, la vie revient peu à peu dans cette contrée désolée. Une histoire de patience, de respect et d'amour de la terre. Une leçon de sagesse...

"On comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d'autres domaines que la destruction".

 

- Marcel Pagnol : un écrivain de la nature

Marcel Pagnol est né à Aubagne en 1895 et mort à Paris en 1974. Ecrivain, dramaturge et cinéaste, il est considéré comme un auteur classique français. Son œuvre est riche des pièces de théâtre comme Topaze ou la Trilogie marseillaise (Marius, Fanny, César)…, de romans notamment La gloire de mon père, Le château de ma mère, Le temps des secrets ainsi que des films comme La femme du boulanger ou le Schpountz avec Fernandel.

Si on ne peut pas parler d’écologiste en parlant de Marcel Pagnol, on peut par contre le qualifier d’amoureux de la nature et de soucieux de sa préservation notamment le site du massif de  Garlaban aux portes de Marseille, décor de son enfance (décor que l’on retrouve dans La gloire de mon père ou Le château de ma mère).

 

Le parallèle avec le nature writing américain peut se retrouver dans les comparaisons qu’il utilise dans son oeuvre. En effet dans ses livres, Pagnol n’hésite pas à comparer la Provence au grand Ouest américain. Les activités agricoles entreprises par Jean de Florette sont décrites comme de travaux de pionniers, les gorges provençales dans son livre L’Eau des collines sont comparées à des canyons miniatures … Pour lui la Provence est une terre sauvage où il est possible de vivre en marge de la société en totale autarcie. Manon des sources est le personnage qui représente le mieux cette terre sauvage puisqu’elle vit dans une grotte loin de tout et de tous.

Il aborde aussi le thème de la fin du monde rural traditionnel au profit d’une urbanisation des espaces.

Il fait également l’éloge d’un possible retour à la terre comme le nature writing. Quel meilleur exemple de celui de Jean Cadoret plus connu sous le nom de Jean de Florette qui nous dit :

« Après avoir longuement médité et philosophé, je suis arrivé à la conclusion irréfutable que le seul bonheur possible c’est d’être un homme de la nature. J’ai besoin d’air, j’ai besoin d’espace pour que ma pensée se cristallise. Je ne m’intéresse plus qu’à ce qui est vrai, sincère, pur, large, en un seul mot, l’authentique, et je suis venu ici pour cultiver l’authentique. » 

 

Même si certains ont tendance à ranger Marcel Pagnol avec des auteurs classiques, un peu obsolètes voire carrément à le classer au rayon terroir, on voit tout de même que son œuvre reste actuelle avec des problématiques contemporaines comme une simplicité dans les relations humaines, un rapport plus simple à la nature.

Je terminerai sur cette phrase de son petit fils : Pagnol, c’est prendre le temps d’apprécier ce qui nous est donné, prendre le temps de vivre.

 

 

- Maud Simonnot : une belle découverte !

Après avoir obtenu un doctorat de lettres modernes, Maud Simonnot a travaillé comme attachée à la littérature pour l'Ambassade de France à Oslo. Elle est actuellement éditrice et membre du Comité de lecture des éditions Gallimard.  Ses années en Norvège ont inspiré un premier roman à la fois cristallin et mystérieux, comme le dit si bien Camille Laurens et à même été présent dans la sélection du Goncourt 2020… Un auteur à suivre, donc ! Sachez qu’elle n’en est pas pour autant à son premier acte d’écriture : elle a auparavant publié deux anthologies littéraires (sur la forêt et sur la nuit) avant de proposer une très réussie biographie d’un éditeur américain.

 

Mais revenons à l’Enfant céleste... chroniqué dans l'onglet COUP DE COEUR

 

 

 

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