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Médiathèque Municipale

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Horaires

Mar Fermé 13h30-18h00
Mer 10h00-12h00 13h30-18h00
Jeu  10h00-12h00 13h30-18h00
Ven  Fermé

13h30-18h00

Sam  09h00-12h30 13h30-17h00
Dim Fermé
Lun Fermé


Horaires estivaux

Mar 09h00-12h00 13h00-16h00
Mer 09h00-12h00 13h00-16h00
Jeu 09h00-12h00 13h00-16h00
Ven 09h00-12h00

13h00-16h00

Sam  10h00-16h00
Dim Fermé
Lun Fermé

L'ENFANT CELESTE DE MAUD SIMONNOT

 On y rencontre une nature omniprésente, dans laquelle faune et flore sont un émerveillement. Une nature qui enveloppe et protège, rassure les personnages. Les éléments (l’océan et le ciel notamment) et l’aspect sauvage de l’île ne donnent pas lieu à la peur, au contraire, ils sont à la fois un écrin  ou un cocon dans lequel se lover pour se retrouver et être tout simplement et dans le même temps, une immensité, un horizon vers lequel on peut porter le regard. La nature s’ouvre et se resserre au plus près de l’être.  Ou serait-ce l’inverse ?

 

L’ode à la nature et au cosmos n’en est pas pour autant l’histoire principale. Elle traverse le texte sans s’imposer, rythme et cadence avec délicatesse les différentes histoires que l’on y rencontre.

 

Car il s’agit tout à la fois d’un livre sur Mary et Célian qui se réfugient sur l’île légendaire de Ven dans la Baltique, pour se rêver, se construire et s’apaiser, comme c’est aussi un livre sur un enfant surdoué qui ne trouve pas sa place, qui fait partie de « ce peuple d’écorchés, épris de justice », « qui ne peut pas ne pas voir la fausseté du monde sans que ça lui soit insupportable. Qui réinterroge sans cesse le récit collectif, inepte, factice ».

 

C’est encore un roman sur une mère blessée par une rupture amoureuse qui ne veut pas céder à « la dévoration mélancolique » ; sur Tycho Brahe, un savant astronome danois du XVI° siècle qui a, le premier cartographié précisément le ciel et créé le « plus grand observatoire de l’Occident », ou sur Shakespeare (un peu, mais nous n’en dirons pas plus).            

Le texte est court et cette multiplicité de choix dans la lecture et toutes ces résonnances pourraient inquiéter… Au contraire, le texte, toujours délicat, offre une densité plaisante sans être complexe. Et certains lecteurs s’attacheront plutôt à l’une ou l’autre de ces histoires qui s’entremêlent et se chevauchent tout en douceur.

 

Enfin, on peut dire de  l’Enfant céleste qu’il est un véritable éloge de la lenteur : un texte qui se déguste, et nous fait ralentir, loin des suspenses et péripéties en tout genre (que l’on apprécie pourtant dans d’autres textes !). Oui, il peut être lu techniquement en moins de trois heures. Mais même avec toute la bonne volonté du monde… nous n’y sommes pas arrivées ! Il y a de la magie dans tout ça … car l’écriture invite à créer un moment de lecture suspendu, à réellement prendre son temps, à renouveler les séances pour faire durer le charme.

 

 L'arrivée sur l'île :

« L’île imaginée n’est pas loin de l’île que nous découvrons, entre l’omniprésence de la mer et une nature exubérante. La forêt bordant la pension est exactement celle où j’ai marché dans mes rêves cet hiver mais c’est, aussi, celle de mon enfance. C’est le même feuillage argenté des bouleaux contre le ciel pur, les mêmes petites stellaires à la blancheur éclatante parsemant les talus, les mêmes rayons du soleil sur la mousse. D’odeur en odeur ainsi se reforme ma mémoire de fille aux cheveux emmêlés et aux bras égratignés à force de grimper dans les arbres, de franchir les buissons de ronce en espérant disparaitre avec les animaux sauvages, jusqu’à ce que les fins d’été viennent contraindre mes jeux et ma liberté.

Il a suffi que je pénètre dans ces bois scandinaves pour que tous les habitants qui peuplaient ma forêt renaissent sur mes pas : le garde-champêtre taiseux, la mare grouillante de vies minuscules, le martellement des geais et les cris des hulottes… Comme cette enfance a passé vite, recouverte par le désenchantement, les épreuves précoces. Ou peut-être pas. Peut-être que ce paradis perdu est toujours en moi. Peut-être que c’est là que j’habite pour toujours. »

 

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