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DERIVE DES AMES ET DES CONTINENTS DE SHUBHANGI SWARUP

L’auteur le dit elle-même : « la muse de ce roman est notre modeste planète, un être doté de plus de beauté, de magie et de résilience que notre esprit humain est capable de concevoir » Car il y est question de ces lignes de failles qui traversent l’humain et la planète ; de ces tectoniques des plaques et des existences. En effet, chaque individu rencontré est l’épicentre du séisme de sa propre vie. Et à une autre échelle, la planète hoquète lors de tremblements de terre qui font dériver peu à peu les continents.

 

«  Condamné à ruminer la moitié d’un rêve, [Girija Prasad] se demanda pourquoi les continents s’étaient éloignés les uns des autres au départ. De l’eau s’était infiltrée dans des fissures, un ruisseau minuscule s’était transformé en torrent, les torrents s’étaient transformés en rivières. Et puis il n’y avait plus eu moyen de revenir en arrière.

Du jour au lendemain, les rivières révélèrent des failles que seuls les océans pouvaient remplir. Il est dans la nature de l’eau d’absorber le vide, déchiqueté par des crevasses, des pics et autres symétries irrégulières. Seul un idiot considérerait les rives des continents, les bancs de sable et les étendues arides comme les extrémités de la surface ininterrompue de l’eau. Au mieux, ce sont des pauses et des interruptions. Ou des bavardages sans intérêt. Les îles sont des bavardages sans intérêt dans un océan méditatif. Il jeta un coup d’œil depuis son grand lit double et regarda la silhouette de sa femme. Il se demanda ce que pensaient les continents. Peut-être que la Pangée rêvait qu’elle était un million d’îles. Peut-être que ce million d’îles rêvait désormais de former un tout. Comme ces marins accoutrés de façon ridicule et envoyés en expédition par des reines fantasques, les continents avaient peut-être découvert que la fin d’un monde était le début d’un autre. »

 

Rythmé en quatre grandes parties aux pays et personnages différents, il mêle érudition scientifique autour des sciences de la terre, et exploration de mythes et de paroles contées. Un texte totalement immersif, aux forces telluriques qui fait de la nature une fiction en elle-même. Elle n’est pas ici omniprésente  mais est au-delà. Elle est l’essence même et guide une écriture à la fois poétique, fluide, luxuriante et onirique.

 

Pour en apprécier toute la magie, il faut, à la lecture, se laisser dériver des îles Andaman en Inde jusqu’au Népal, en passant par la Birmanie cette terre de l’œil qui pleur et d’autres contrées interstices ; découvrir des îles et archipels et des déserts de glace, aller de forêts tropicales en volcans en passant par les plaines de sel, s’arrêter un instant sur le sentier de la Pluie éternelle, suivre la chaîne himalayenne et ses lignes de faille ; rencontrer l’indienne Chanda Devi, la clairvoyante qui voit les fantômes et parle aux arbres et son époux Girija, l’universitaire qui lui, étudie les arbres, la communauté Karen ou Platon, étudiant prisonnier politique ; Thapa originaire de Katmandou, ou Apo, chef d’un village isolé et ancien cultivateur de pavot …

 

Toute une galerie de personnages qui interrogent leur existence et leur environnement et qui sont liés les uns aux autres, malgré eux.

C’est l’occasion aussi de découvrir  des cultures éloignées de la nôtre, et de partir à la dérive vers des cosmologies et des spiritualités asiatiques dans un texte qui ne manque pas non plus d’humour. A l’image de l’égalité des sexes en Inde :

« La vie d’un couple d’égaux sous les latitudes du désir et les longitudes de l’appréhension reste encore un phénomène rare, non documenté – comme une baleine accouchant dans l’Antarctique ou des éléphants blancs s’accouplant en Asie du Sud. »

 

Dérive des âmes et des continents est une pépite hors norme et inclassable à la limite du conte.  C’est un appel souverain à la nature toute entière et à la vie, qui est bien plus « que la somme de ses souffles et de ses tremblements » et dans lequel on se surprend à entendre l’âme et le mouvement des éléments.

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